Petit lexique du Sud de la France

Publié le Mis à jour le

sudfrancePour lire l´article cliquez sur l´image. Extrait de l´article:

Adieu (prononcer «adiou») Dans le Sud-Ouest, se dit aussi bien en arrivant qu’en repartant et y compris si on se revoit le lendemain.

Agachon C’est une façon de pratiquer la pêche sous-marine au harpon. Etre «à l’agachon» équivaut à être à l’affût, sur ses gardes, comme quand on est tapi dans les algues en attendant qu’un poisson passe.

Aïoli L’aïoli est une sauce faite avec de l’huile d’olive et de l’ail. Normalement ce n’est pas une mayonnaise à laquelle on ajoute de l’ail, puisque la purée d’ail suffit à émulsionner l’huile d’olive. Cependant on peut quand même adjoindre du jaune d’œuf à la préparation. L’aïoli sert aussi à désigner le plat composé de morue, de légumes vapeurs et de cette sauce aïoli. C’est aussi une expression festive, popularisée par le Massilia sound system. On parle de «faire monter l’Aïoli», comme équivalent de «mettre l’ambiance». On peut aussi dire tout simplement «Aïoli !» en trinquant.

A l’an pèbre La dernière fois que vous avez croisé votre copain Marcel : vous vous souvenez plus tellement c’était il y a longtemps…

Après (pour avant) «Arrête, je te l’ai dit après.» Il l’a dit avant, en fait. Certaines personnes emploient le «après» à la place du «avant». Compris ? Si vous n’êtes pas concentré, aussi…

Avoir le froid dessus Voilà une expression très utile qui veut bien dire ce qu’elle veut dire. Vous avez eu froid. Depuis, vous avez enfilé un pull, sauf que vous avez un mal fou à vous débarrasser de cette sensation. A ce moment précis, vous avez le froid dessus

Bisquer Râler comme un pou. Etre dépité, énervé…

Botch «Il est botch» à Montpellier signifie «il est complètement con».

Boucan Si vous êtes à Marseille et que l’on vous traite de «boucan», sachez que, pour une raison ou pour une autre, on vous prend pour un boulet. Pèbre ou pébron en sont des synonymes. Et a-t-on besoin d’expliquer ce que sont un «fada» et un «minot» ?

Boudu Peut aussi se décliner en boudiou, s’accorder avec «con» chez les Toulousains : ça donne alors «boudu con». Ne sert pas à grand chose, si ce n’est à indiquer votre étonnement ou à ponctuer une phrase tout simplement. Exemple : «Boudu, je t’ai pas raconté ce qui m’est arrivé hier soir.» Ou, en fin de phrase. «J’ai mangé des moules, j’ai été malade hier. Boudu con.»

Bouléguer A l’origine, ce verbe désigne l’action de mélanger les boules au loto (le loto est un passe temps assez populaire dans le Sud, un peu comme le bingo en Angleterre). C’est devenu un synonyme de «bouger, se remuer». On dit aussi «mettre le ouaï».

Cague-braille Un cague-braille, c’est un pantalon beaucoup trop grand.

Chaler En Provence, pour transporter une personne, sur un porte-bagages par exemple. «Je te chale sur mon booster», est l’équivalent de «je t’emmène sur mon scooter».

Chocolatine Et si la vraie fracture française séparait les consommateurs de pain au chocolat et les amateurs de chocolatine ? Au terme d’une grande enquête, un blogueur avait en tout cas réussi à représenter sur une carte le tracé de cette frontière boulangère.

Chourrer Au Pays basque, si on vous avertit que «ce soir aux fêtes de Bayonne, ça va chourrer», ce n’est pas pour vous avertir de menaces sur votre portefeuille, mais que la pluie menace.

Dailler Quand «ça me daille», c’est que ça me porte sévèrement sur le système.

Emboucaner En bon Marseillais, si quelqu’un vous tape sur les nerfs, on peut lui dire «tu m’emboucanes». Encore plus folklorique, «tu m’escagasses», mais cette expression-là est franchement désuète.

Empéguer Si un Marseillais vous apostrophe d’un «allez viens, on va s’empéguer», c’est une invitation à vous prendre une cuite (au pastis, il va sans dire). Mais, si on vous trouve «empégué», là, c’est qu’on vous traite d’empoté, en gros vous avez deux mains gauches. Dans l’Aude, on s’empègue une voiture, dans un carambolage. On dit «je me suis fait empéguer la voiture» pour «un con m’a défoncé la bagnole».

En suivant «Je vous rappelle en suivant», expression ultra classique dans le Sud. Ne faites pas la mine étonnée si vous l’entendez, les gens du Sud n’ont absolument pas conscience que cette expression est géographiquement localisée. Donc, continuez la conversation, comme si de rien n’était.

Escaner Faites gaffe à ne pas vous escaner (étouffer) en mangeant du cassoulet de chez Spanghero – qui au passage, après l’affaire des lasagnes au cheval, s’appelle désormais «Saveurs occitanes».

Estrasse Une estrasse, c’est une loque. Par exemple, si on vous dit que vous portez une estrasse, c’est que votre robe ne ressemble vraiment à rien. On peut aussi dire «être une estrasse» si on a deux de tension.

Espanter Chez les Cathares, vous serez peut-être espanté par la beauté du paysage, donc épaté, bluffé.

Galéjade Terme popularisé par Marcel Pagnol pour décrire la façon dont ses livres et pièces parlaient de Marseille et de la Provence. Stricto sensu, galéjade signifie blague, plaisanterie…

Kaskarot (prononcer «cachcarote») Sur la côte basque, c’est historiquement la vendeuse de poisson au verbe haut et aujourd’hui, au sens large, la commère ou la bavarde, qui pipiate sur les voisins et les touristes à longueur de journée. Sur la côte méditerranéenne, la kaskarot s’appelle une «pispet». Ou un pispet, ça existe aussi.

Il me tarde Dans la partie haute de la France, on dit «j’ai hâte». Dans le sud, nous vous conseillons vivement de faire un couper-coller en remplaçant par «il me tarde». Cela passera beaucoup mieux, le «j’ai hâte» étant considéré comme franchement pompeux.

Maffre Si l’on vous demande de «vous lever le maffre», on vous enjoint en fait de vous bouger le cul, que vous avez peut-être par ailleurs «comme la Porte d’Aix», ce qui peut signifier soit que vous devriez faire attention à votre ligne, soit que vous êtes chanceux (équivalent, avoir le cul bordé d’anchois, de nouilles…).

Marin «C’est marin» ou «il fait marin». Minute météo, on parle là du vent marin. Traduction pratique : la journée s’annonce pourrie à la plage, il y aura du vent, vous allez bouffer du sable.

Moins L’inverse de «plus», jusque là vous suivez. Sauf que dans le Sud, on prononce le «s» : «J’en veux moinS.» Bon à savoir : de manière générale, les gens du Sud prononcent toutes les lettres, dans les noms de famille ou de village par exemple.

Monter Les Sudistes vivant tout en bas de la carte de France, ils ont tendance à «monter» dès qu’ils vont quelque part. Tous les autres «descendent» dans le Sud. En revanche, on monte toujours rendre visite à quelqu’un. Conversation téléphonique entre une jeune mère de famille et son cousin «monté» à la capitale : «Si vous descendez, montez, vous verrez comme le petit est grand.»

Etre à payole Vraiment très escagassant d’être à payole (fauché en marseillais). Un sérieux handicap quand il s’agit de payer sa tournée de pastaga…

Pitchoun, pitchoune Les enfants, et par extension, les gens que vous aimez bien. Attention, n’allez quand même pas appeler un retraité «pitchoun», ça ne passerait pas.

Péguer Quand il fait marin par exemple, tout «pègue» dans la maison, c’est-à-dire que tout colle, tout est poisseux. ça pègue aussi après avoir renversé du Banga sur le sol.

Peigner Pour emballer en soirée, dire à une fille «qu’elle est bien peignée» (pour coiffée). Et au moment de la laisser, «qu’il vous tarde déjà de la revoir». (cf «il me tarde»)

Piche «La piche» de Montpellier, c’est la cagole de Marseille. La salope, quoi. Petite subtilité : le terme cagole est plus affectueux que la piche.

Poche La poche, c’est comme la chocolatine, c’est le b.a.-ba. On ne vous fera pas l’offense de traduire. Variante : pochon.

Resquiter «Attention, ça va resquiter» quand on fait frire les aubergines dans la poêle pour une ratatouille, c’est pour mettre en garde contre les projections d’huile.

Rouméguer «Tu roumègues ?», après une partie perdue de pétanque par exemple. Rouméguer veut dire «râler».

Quicher «Quicher» à Montpellier, signifie «serrer fort». Si quelqu’un vous dit «viens que je te quiche», c’est qu’il veut vous serrer dans ses bras. Rien à voir avec vomir, utilisé dans d’autres endroits de la France.

Si il faut (prononcer «sifaut») Synonyme de «peut-être» («T’as fait des boles de Picoulat, sifaut il passera demain les manger») ou de «c’est obligé» («T’as fait des boles de Picoulat, il passera demain les manger sifaut»). En usage immodéré dans les Pyrénées orientales (et sifaut le Sud en général).

Tcharer Un bête synonyme de discuter. On tchare entre copines, par exemple.

Vier (prononcer «vié») Le vier est l’équivalent provençal du vit, de la verge, du phallus, pénis etc… Il est vraiment très courant d’entendre les Provençaux (les hommes surtout, mais pas que) s’écrier «Et mon vier !» quand ils sont énervés.

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